Mon Histoire de ce jour commence par le détournement de l’Adour : cette histoire mêle ingénierie, rivalités locales et caprices de la nature. Jusqu’au XVIe siècle, l’Adour ne se jetait pas là où elle le fait aujourd’hui. À l’origine, son embouchure se trouvait plus au nord, dans les Landes, notamment à Capbreton, puis à Vieux-Boucau après un bouleversement naturel vers 1310. À cette époque, une violente tempête, combinée à des crues et à l’accumulation de sable, avait obstrué son cours à Capbreton, poussant le fleuve à se frayer un nouveau chemin plus au nord, à Port d’Albret (l’actuel Vieux-Boucau, "vieille embouchure" en gascon).
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en 1712 |
Ce changement posa un gros problème aux Bayonnais. Leur ville, un port fluvial prospère grâce au commerce sur l’Adour, se retrouve à une trentaine de kilomètres de la nouvelle embouchure, rendant l’accès à la mer difficile pour les gros navires. Le port de Bayonne déclinait face à la concurrence de Capbreton et de Vieux-Boucau, plus proches de l’océan. Les marchands bayonnais, déterminés à retrouver leur avantage, firent pression sur les autorités royales pendant des décennies. Dès 1491, sous Charles VIII, une première enquête fut lancée, mais sans suite. Ce n’est qu’en 1562 que Charles IX prit la décision de redonner à Bayonne un accès direct à la mer.

L’homme chargé de cette mission ambitieuse fut Louis de Foix, (1535-1604) un ingénieur-horloger-architecte talentueux qui avait déjà travaillé pour le roi d’Espagne sur des projets comme l’Escorial. En 1572, il signe un contrat avec le roi Charles IX pour détourner l’Adour. L’idée était audacieuse : creuser un chenal de 1 800 mètres depuis un point près de Bayonne, au lieu-dit Trossoat, jusqu’à l’océan, et construire une digue pour bloquer l’ancien cours du fleuve. Les travaux furent titanesques pour l’époque : des ouvriers creusaient à la pelle dans un terrain sablonneux et instable, luttant contre les marées et les crues. Pendant six ans, le projet avança péniblement, ralenti par des sabotages des Landais – qui voyaient d’un mauvais œil la perte de "leur" fleuve – et par des fonds insuffisants.
Le tournant décisif arriva le 25 octobre 1578. Une tempête exceptionnelle gonfla la Nive, provoquant une crue massive. Cette force naturelle acheva ce que les hommes peinaient à accomplir : l’Adour se précipita dans le chenal inachevé, perça le cordon dunaire et se fixa dans son nouveau lit, entre Anglet et Tarnos. L’ancien cours, au nord, s’ensabla peu à peu et disparut complètement entre 1700 et 1800, laissant des vestiges comme le lac d’Hossegor.
On doit aussi à Louis de Foix la construction du phare de Cordouan, à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, auquel il consacre 18 ans de sa vie et toute sa fortune (selon une légende du XVIIIe siècle, il y serait secrètement inhumé). Son fils, Pierre de Foix, reprend sa succession mais ruiné, il transmet le flambeau à François Beuscher, ancien conducteur de travaux de Louis de Foix qui termine son œuvre en 1611, soit 27 ans après la signature du contrat passé entre Louis de Foix et le maréchal de Matignon.
Nous avons décidé de venir là, comme nous l'avions déjà fait autrefois en parcourant la barre.
Nous sommes rive gauche. En face, pas de plages, pas de touristes, pas de baigneurs : l'activité industrielle du port, au restaurant nous voyons des Patrons ; des ouvriers ; des travailleurs, quand je constate cela devant Chantal la Patronne au moment de régler, elle sourit voyant que j'ai compris ce qu'elle cherchait avec Eric en créant leur restaurant : faire manger les gens du coin, les marins et travailleurs du Port. C'est tout à fait nous, n'oublions pas que je suis modéliste de marine aussi, et que j'ai depuis longtemps le permis Marine.
juste à côté, le port de plaisance, avec les barques de sport qui font la renommée des fêtes de Bayonne
Un peu plus loin à l'amont, la fameuse forme de radoub ici vide, mais l'Hermione y est bel et bien, peu à peu reconstruite entièrement par l'intérieur, un chantier énorme, ils se sont vraiment laissés gagner par la merule qui peu à peu a rongé toute l'infrastructure mouillée, ils n'ont pas utilisé à l'époque du bois laissé dans l'eau de mer comme le faisaient les charpentiers de marine, ou comme l'ont fait les Vénitiens en construisant sur pilotis : le bois durcit dans l'eau pour devenir imputrescible, ce qu'ignoraient les constructeurs des siècles plus tard quand ils ont pourtant mis le temps qu'il faut pour recréer le bateau de Lafayette. Mais avec de nouveaux sous, avec de nouveaux dons, la fondation du Patrimoine ou autre, ils vont y parvenir, et revoir l'Hermione sur l'Adour ici même sera un spectable merveilleux, nous y serons sachant où il faut se rendre !
notre équipage féminin a repris la barre et nous guide (d'une main ferme) dans la circulation.
Serrés derrière, les Hommes sont un peu secoués
mais deux marins expérimentés serrent les dents, et supportent la houle
le tangage et tous les mouvements de la mer
nous entrons par le port de plaisance, il faut savoir où est l'entrée du parking, il faut savoir passer devant et tourner à l'envers au prochain rond-point, à cette date d'avril, il y a de la place, mais l'été, tout est bondé
nous jetons notre dévolu sur celui-là : il nous faut absolument ce bateau
vous savez quand-même que Ibaialde c'est le Roi du Jambon
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Askatasuna (le mot basque signifiant Liberté) est le parti politique nationaliste et séparatiste basque inscrit dans le registre des partis politiques du ministère de l'intérieur espagnol le 31 août 1998, et basé à Bilbao. Toute activité sauf maritime a été suspendue le 18 février 2009. |
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extrait de l'intervention d'Emmanuel de Oliveira, Président de la Société nationale de sauvetage en mer en 2024 : "L'antenne locale de la SNSM va du sud Landes aux Pyrénées-Atlantiques, c'est quatre stations et un centre de formation. Cela représente une activité opérationnelle très forte. Ella a doublé par rapport à l'année dernière, avec beaucoup d'interventions à la fois d'assistance aux navires en panne et surtout de sauvetage de la vie humaine. Nous avons sauvé cette année 218 personnes exactement sur la côte basque et gasconne. Ce qui est particulier ici, c'est que c'est une zone très accidentogène, avec une côte difficile et des risques importants. Nos quatre stations de sauvetage sont extrêmement actives. Nous allons renouveler l'année prochaine le canot tout temps (CTT) de Bayonne en particulier, le "Martin-Jolis", avec un nouveau navire de sauvetage hauturier (NSH) très performant".
j'ai préféré saluer ce CTT que l'Hermione, nous reviendrons plus tard (ndla) |
le restaurant est à gauche, sur un promontoire, qui oblige à monter les derniers escaliers
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le Comte tend un bras secourable à ma Comtesse |
Ma vessie a été secouée, brinquebalée sur les ralentisseurs, ballotée à babord et tribord, serrée pendant la route, il me faut absolument aller à la cale, qui se trouve effectivement au sous-sol, proche de la sortie qui j'imagine doit aboutir à l'Adour, pour se jeter dans l'Océan, et se mêler aux autres eaux mêlées de l'Atlantique, de tous les rejets de la terre à la mer ?
l'ambiance intérieure est au top, mais nous, comme les autres convives, préférons le vent du large
comme si nous étions sur le pont de l'Hermione : nous faisons face
et nous protégeons à l'ombre de l'ardeur du soleil
vous allez voir, on n'a absolument aucun choix d'autre que la suite :
1-il faut absolument un en-cas au Comte qui meurt de faim, les vitraux lui ont plu et il est plein d'ardeur, fouetté par ce vent : -"des soupions pour entrée" ! (je ne crois pas qu'il ajoute : "tonnerre de Brest", ce serait déplacé, nous sommes à Anglet)
2-Bar 2 personnes deux fois, puisque nous sommes quatre
-"deux personnes sur un Bar suppose un Beau Bar", il fallait que je le place
3-Café gourmand final puisque je suis interdit de sucre, et les glaces en dessert, c'est trop banal
et le vin est à la hauteur : vous connaissez le principe de la maturation du vin sous l'eau ? Comment choisir autre chose, puisque c'est un vin-blanc-Basque, et que nous sommes Basques au Pays-Basque : en plus il sert d'apéritif, et les Comtesses qui conduisent doivent choisir : pas boire, mais continuer à conduire (sauf celle qui ne tient plus le GPS au retour car la conductrice connait le chemin par coeur, c'est là qu'ils viennent tous les dimanches avec le Comte se mêler aux marins du peuple, pour conserver le contact, en leur offrant un pôto-Bar).
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je lève mon verre à vous cher(e)s lectrices-lecteurs |
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quand vous viendrez guidé par ce billet ici, vous ne pourrez pas choisir d'autre vin |
un jour je vous dirai où c'est et comment j'en achète
les soupions, j'en raffole dès Arles en 1976, à Albaron !
les bars sont magnifiques, ce sont de beaux-bars, un gros demi-bar suffit par personne
vous comprenez que la phrase aurait un sens différent si j'écrivais ; un bar-beau, quand les messieurs seront servis après les Dames
j'ai demandé à la serveuse de nous laisser les deux têtes
je puis ainsi découper délicatement les quatre joues et les distribuer à l'assemblée
les joues sont aux bars, l'équivalent des "solilaisses" chez les poulets
"les sots l'y laissent" !
le café gourmand présenté sur une ardoise appelle avec humour à conclure
et je passe à la caisse c'est là que je me présente à Chantal
j'ai promis de lui présenter ce billet pour "bon à tirer", en lui disant le bonheur d'avoir été reçu au Poisson à Voile, quelle jolie idée de nom au lieu du banal Poisson volant
je lui explique que volant avec mon drone
j'apprécie son humour, et on s'apprécie réciproquement,
ce qui m'invite vous avez compris à revenir
puisque j'ai noté le chemin sur mon GPS perso
profitons des moments de bonheur dans la Vie
pour finir, je dis à Chantal que je lui décerne une étoile
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une étoile de Mer : je n'en ai jamais mangé ! |
je vous recommande le Poisson à Voile,
le Marlin du Vieil Homme et la mer
au Pays Basque
il existe des endroits surprenants
Basques
encore plus beaux que tout ce qu'on raconte sur le Pays Basque
nous y sommes en deux heures
en respectant strictement le 130 sur l'A6
et nous pouvons boire et buvons chez nous du Egiategia
pas difficile de mettre une caisse dans la malle !
Quant aux Bars, même Auchan en vend
et moi je le fais flamber au Ricard
car ça s'appelle en Provence un Loup !
je suis un peu un "lou-bar" en grande cuisine !
j'ai en Provence un copain qui vit là-dedans
tout le monde peut pas être de Paris !
c'était super Chantal, on revient dès que l'on peut
et-on-peut-vite ...
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il y a un autre nom Basque caché ! |
PS : je vous cite un texte plus académique : "Le Poisson à Voile est situé au cœur d’Anglet, une ville balnéaire du Pays basque français. Le restaurant propose aux Angloys une cuisine à base de poissons frais et locaux. La décoration mêle élégance et tradition basque marquée par les tons chauds, le bois et les détails maritimes. Les grandes baies vitrées offrent une vue imprenable sur l’océan. La carte met à l’honneur les poissons et fruits de mer frais, sélectionnés chaque jour. Vous pourrez déguster des plats typiques de la région comme le fameux axoa de veau, le ttoro (poisson mijoté dans un bouillon parfumé) ou encore le chipiron à la basquaise (calamar cuit dans une sauce tomate épicée). Les influences basques se marient subtilement avec des touches méditerranéennes. Le restaurant propose également des options végétariennes ainsi qu’une sélection de vins locaux. Le restaurant est à quelques pas de la plage des Sables d’Or et de l’océan Atlantique. Un service de livraison à domicile a été mis en place par l’équipe."
j'avais repéré les "touches méditerranéennes"...
... mais j'avais raté ... le ttoro !
(deux-étoiles-la-prochaine-fois)
évidemment ils s'imposent :
il faut cliquer sur la flèche à droite
(je dis ça pour les Parisiens à qui il faut tout expliquer)